Chasser un orignal grâce aux guides autochtones
2009-07-10

Les connaissances ancestrales des Pekuakamiulnuatsh (Montagnais du Lac-Saint-Jean) seront mises au profit des chasseurs de la Réserve faunique Ashuapmushuan (RFA) cet automne afin d’augmenter le succès de chasse sur ce territoire. Le projet, lancé conjointement par la Forêt modèle du Lac-Saint-Jean (FMLSJ) et la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), vise à harmoniser l’activité de chasse à l’orignal sur la RFA tout en augmentant les retombées découlant de la chasse sportive.
« L’ultime objectif de ce projet est de vérifier une stratégie permettant d’augmenter le taux de succès de chasse sur un territoire structuré, en mettant l’accent sur l’implication des autochtones dans la mise en valeur de la chasse à l’orignal », a décrit James W. Moar, chargé de projet de la FMLSJ et également guide de chasse professionnel. À l’automne, le territoire est grandement utilisé par les membres de la communauté de Mashteuiatsh pour pratiquer leurs activités traditionnelles. « En mettant en valeur leur connaissance du territoire, ce projet permettra de mettre un terme aux différends entre les utilisateurs tout en permettant d’augmenter les revenus et la renommée de la Réserve faunique Ashuapmushuan », a pour sa part ajouté Dan Gagnon, directeur de la RFA.
Ce projet-pilote sera offert à six groupes de chasseurs pour une durée de 6 jours. « On ne peut jamais garantir le succès de chasse, mais avec les connaissances des guides autochtones, on croit pouvoir augmenter le succès de chasse. C’est impressionnant de les voir aller, car ils mettent en commun les connaissances traditionnelles ilnu, leurs expériences en tant que guides et leurs aptitudes professionnelles », a commenté Stéphane Turcot, directeur-général de la FMLSJ.
Les premières nations ont toujours occupé un rôle de premier plan en tant que guide de chasse à l’orignal et au caribou. Encore aujourd’hui, plusieurs ilnu exercent le métier de guide, mais ils doivent s’exiler dans le Grand Nord pour pratiquer un métier qui met en valeur leurs connaissances ancestrales. « En plus de valoriser notre culture, ce projet permettra de faire travailler nos jeunes sur notre territoire ancestral, le Nitassinan » a pour sa part lancé Colette Robertson, présidente de la FMLSJ.
Ce projet vise également à valider les zones de rut potentielles ciblées lors du projet de zonage réalisé en 2008-2009 par la FMLSJ. Ces zones seront aménagées aux moyens de salines, de postes d’affut en plus d’être appâtés afin de maximiser le taux de succès de chasse.
« L’encadrement d’un groupe de chasseurs par un guide de chasse n’est pas tellement novateur, mais l’utilisation des connaissances traditionnelle, des outils géomatiques, le recours aux guides autochtones et l’opportunité de vivre une expérience autochtone dans un même forfait représente un amalgame d’atout permettant d’offrir un nouveau produit et une approche conciliatrice pour les deux usagers du territoire », a conclu M. Moar. Les données relatives à ce projet seront rendues publiques afin que cette expérience puisse être reproduite ailleurs sur le territoire autant dans les réserves fauniques que sur les ZECs ou les pourvoiries. Les personnes intéressées par un tel forfait de chasse doivent contacter la Réserve faunique Ashuapmushuan.